Moving Images: Commentaire sur TGunning et proposition à AGaudreault

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Auteur(s): 
Jullier, Laurent

 

 

Puisque le paradigme cognitiviste a été égratigné par Tom Gunning et écarté par Dominique Chateau je me permets de le défendre un peu (hors tout militantisme loin s‘en faut).
 
Dans sa communication Tom Gunning a cité une phrase particulièrement maladroite de David Bordwell, tirée de The Art of Film, qui dit à peu près ‘Si nos yeux étaient parfaits nous ne verrions pas le mouvement des images a l‘écran‘. Cette phrase est anti-rationnelle et anti-darwinienne au possible et donc ne devrait absolument pas être utilisée pour illustrer un propos un tant soit peu cognitiviste, sinon scientifique. En effet Darwin a promu la notion de fitness et non celle de perfection. L‘équipement perceptivo-cognitif des êtres vivants leur convient, un point c‘est tout, c’est à dire que nos yeux conviennent à la tache qui leur est assignée dans le cadre de la survie de l‘espèce humaine. Ils nous servent à nous déplacer dans l‘espace de façon à assouvir nos besoins, et non à mesurer les objets et les variations du monde.
 
Cependant il faut distinguer le langage courant du langage scientifique : asséner comme Gunning à la fin de sa conférence que ‘les images de cinéma bougent‘ puisque nous les voyons bouger, cela revient à dire ‘le soleil se couche‘ puisque nous le voyons bouger de cette façon, avec notre conception anthropomorphe du monde. Si la phénoménologie s‘en contente, parfait.
 
Mais les images de cinéma et de TV ne bougent pas et le soleil ne se couche pas.
 
Les images fixes du cinéma  et de la télé, en tant que collections de points lumineux, se succèdent les unes aux autres (elles se recouvrent à la télé, et au cinéma l‘instant ou l‘une  bouge pour laisser place à la suivante nous est dissimulé par l‘obturateur à pales), et le soleil se déplace dans un univers en expansion accélérée.
 
Certes tout cela est contre-intuitif mais la science est censée pouvoir opposer les résultats de ses mesures aux impressions que nous avons du monde. Ces impressions conviennent certes à nos besoins fondamentaux, mais il ne faut pas confondre survie dans le monde et description scientifique du monde.
 
Par conséquent je propose de traduire Moving Image Studies (MIS : un acronyme qui commence d’ailleurs comme misunderstanding) par Science des Images Animées (SIA). Pied de nez bien sur aux SIC, les Sciences de l‘Information-Communication (SIC : encore un vilain acronyme, qui sonne comme sick). Et manière utile aussi de se démarquer académiquement d‘elles car elles ont tendance à se changer en Visual Studies phagocytant nos domaines de recherche!

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