Réponse à Andrée Lafontaine

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Auteur(s): 
Gaudreault, André

 

Réponse à Andrée Lafontaine (thanks to Melanie Lanza, who introduced me to this « new » « application » of the Web : ze blog !)
 
 
 
 
ATTENTION : cette réponse est assortie d’un concours ! Date de tombée : au plus tard à 17h00 demain (lundi 7 mai). Voir le post-scriptum !
 
Je fais maintenant partie du club, non pas des « mal cités », mais des « mal compris » ! Il est vrai que le ton que j’ai utilisé (mâtiné d’un peu d’ironie, parfois d’un peu d’humour pince-sans-rire) pouvait porter à confusion, mais je ne pensais pas que ce serait « si pire » (comme on dit au Québec mais pas en France!). Je veux ici seulement lever un certain nombre d’ambiguïtés, que le commentaire d’Andrée Lafontaine pourrait propager (je remercie la blogueuse de me donner l’occasion d’afficher ainsi mon tout premier texte en carrière dans un blog ( !) et faire avancer la compréhension de mes propos ; je la remercie aussi de m’avoir écouté et, surtout, d’avoir pris la peine de commenter les propos que j’ai tenus en début de colloque).
Première précision : il est malheureusement erroné de dire que je« suggère que les récentes modifications quant aux libellés de programmes universitaires sont le fruit d'un effet de panique face aux mutations rapides qu'a connues le cinéma […] plutôt qu'une décision réfléchie et justifiée. » Pas du tout ! Je ne sais même pas si nous avons fait une bonne affaire de rester ainsi « collés » aux strictes études cinématographiques, à l’Université de Montréal. Mais c’est ce que nous avons fait, et c’est peut-être plus en raison d’un immobilisme relatif que par choix délibéré. Si nous avions formé un comité pour réfléchir à cela et si jamais ça nous avait retardé d’une année, nous aurions ainsi pu être en phase avec York et Concordia sur le plan calendaire et nous n’aurions ouvert notre programme qu’en 2008… Mince consolation, comme je le disais dans ma conférence, nous avons, à l’Université de Montréal, eu l’insigne honneur « d’inaugurer en 2007 l’ère doctorale canadienne des études cinématographiques en instaurant le premier Doctorat en études cinématographiques au Canada ». Cette référence aux seules études cinématographiques dans le libellé de notre programme n’empêche pas, bien sûr, les professeurs dudit programme d’avoir des allégeances multiples : « comparatistes, philosophiques, intermédiales, vidéoludiques, historiennes de l’art, narratologiques, etc. ». Cela dit, nous y avions prévu et annoncé (voir notre site Web) une très grande ouverture disciplinaire et nous acceptons tout sujet qui ressortit à ce qui est normalement couvert par les « Media Studies » et les « Movie Image Studies ». Andrée Lafontaine a donc tout à fait raison de dire :  « Mais en effet, qu'étudie-t-on de plus, à la Mel Hoppenheim School of Cinema, dans le programme des "Film and Movie Image Studies" qu'on n'étudie pas dans le programme des études cinématographiques de l'UdM? » Rien, assurément. Idem pour York, je présume.
Et loin de moi l’idée de penser que les libellés de programmes universitaires de York et de Concordia seraient le fruit d'un effet de panique face aux mutations rapides qu'a connues le cinéma. Loin de là, il s’agit assurément pour les collègues de ces deux universités d’une adaptation à l’air du temps. Je suis certain que leur décision était réfléchie et tous les arguments que j’ai développés dans ma communication montrent que leur décision était justifiée. L’air du temps, c’est la fracture numérique et la fracture numérique est si puissante qu’elle nous oblige à relativiser l’identité et la spécificité des médias. On se sent désormais souvent à l’étroit avec le mot « cinéma », si l’on veut embrasser tout ce dont on veut parler, dès lors que nous intéressent tout autant non seulement le cinéma lui-même, mais aussi les films à la télé, mais aussi les installations muséales, mais aussi le film de famille, mais aussi la vidéo, mais aussi les productions artisanales, mais aussi les films sur DVD, etc.
On assiste à une prolifération, ces dernières années, de l’expression « images en mouvement ». Cette inadéquation relativement nouvelle du recours au seul mot « cinéma » pour désigner son champ d’action, son champ d’intérêt, n’est pas anecdotique selon moi et elle relève d’un « fait de civilisation », comme je l’ai dit en conférence. Nous assistons en effet, depuis le dernier tournant de siècle, à une mutation de notre lexique usuel. L’exemple des hésitations de la Cinémathèque québécoise, entre l’intitulé « Musée du cinéma », une auto-référence que l’on arborait alors fièrement et surtout que l’on assumait totalement, à l’intitulé moins spécifique et moins « glamour » de « Musée de l’image en mouvement » est à mon sens un symptôme patent de ce qui est en train de se passer sur la planète cinéma.
Assistons-nous, avec l’introduction du syntagme « Moving Image Studies », à la naissance d’une nouvelle discipline, qui supplanterait un jour la discipline des « Film Studies » (en la phagocytant, en la cannibalisant) ? Je ne saurais dire, mais je crois que c’est tout à fait plausible (on aura un problème en français –voir plus loin).
Une petite précision : je ne suis pas un nostalgique. ! Ni du cinéma des premiers temps, ni du cinéma classique ! Je le répète, je ne crois pas que le cinéma soit en train de mourir, c’est un véritable phénix ! Et je suis d’accord avec les propos de quiconque avancerait que « le cinéma a toujours été en train de mourir » un peu. Ces « petites morts » (désolé pour les connotations !) ne sont pas de vraies morts !
 
PS : Un cadeau (un abonnement d’une année à la revue CiNéMAS !) à quiconque trouvera un libellé satisfaisant en français pour la nouvelle discipline « Moving Image Studies » (en tenant compte du fait que « Film Studies » a comme équivalent en français « Études cinématographiques »). Jury : Dominique Chateau, Martin Lefebvre et moi-même. Date de tombée : au plus tard à 17h00 demain (lundi 7 mai). Le nom du gagnant sera annoncé au cocktail de fermeture du colloque ! On répond à l’adresse suivante :
andre.gaudreault@umontreal.ca.
 
André Gaudreault,
professeur en études cinématographiques,
Université de Montréal

Commentaires

...autre maladresse de ma part: j'aurai dû utiliser le mot "appât" plutôt qu'hameçon. Décidément, ce bloggage m'amène à m'exprimer beaucoup trop rapidement. L'image que j'avais en tête était plutôt celle de l'appât nostalgie servant a hameçonner l'auditoire.

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